Avant d’adopter un chien : la liste de vérifications que beaucoup oublient
Tout commence souvent par un instant d’impulsion. Vous passez devant une animalerie ou vous parcourez les réseaux sociaux, et le voilà : une boule de poils aux oreilles tombantes, au ventre rond et à la démarche pataude. Avant que la raison n’ait son mot à dire, le cœur a déjà parlé : « Et si on le ramenait à la maison tout de suite ? »
Il faut une trentaine de secondes pour tomber amoureux d’un chien. Il faut quinze ans pour l’aimer de façon responsable dans une ville vietnamienne animée.
Trop souvent, nous prenons des engagements pour toute une vie en imaginant des situations idéales : dimanches après-midi paisibles et promenades ensoleillées dans le parc. Mais un chien ne vit pas seulement pendant nos loisirs ; il partage notre quotidien désordonné, imprévisible et humide. Avant de vous lancer, voici une liste de vérifications d’une franchise brutale, qui va bien au-delà des jolies photos.
Choisissez en pensant à vos jours les plus chargés, pas à vos jours de repos
Un dimanche tranquille, promener son chien est un plaisir. Mais à quoi ressemble votre vie un mardi pluvieux, quand votre boîte mail déborde, que la circulation est bloquée et que vous n’avez dormi que quatre heures ?
Qui se lève tôt pour sortir le chien avant de partir au travail ? Quand la maison reste vide toute la journée, combien d’heures votre animal passera-t-il seul entre quatre murs ?
Viennent ensuite les réalités bien locales. Quand arrive le Tết, le Nouvel An lunaire vietnamien, et que toute la famille repart dans sa ville d’origine, où va le chien ? Avez-vous quelqu’un de fiable pour le garder pendant les vacances ? Si, dans trois ans, vous emménagez dans un immeuble qui interdit strictement les animaux, quelle est la solution de repli ?
Ne choisissez pas un chien pour le temps libre que vous aimeriez avoir. Choisissez un chien dont vous pourrez vous occuper les jours où la vie pèse lourd.
La vie en appartement a ses pièges
Avoir un chien dans une tour à Hanoï ou à Hô Chi Minh-Ville est désormais courant, mais la vie en hauteur pose des difficultés particulières.
La porte d’entrée donne souvent directement sur un couloir commun. Un chien nerveux qui aboie au son de l’ascenseur ou à chaque passage d’un voisin aura vite fait de tendre vos relations avec tout l’étage.
Les sorties pipi sont un autre obstacle. Au 20e étage, impossible d’ouvrir simplement une porte sur un jardin. Chaque besoin suppose de descendre en ascenseur. Dans les premiers mois d’apprentissage de la propreté d’un chiot, cela devient vite une véritable épreuve de patience. Vérifiez que votre immeuble autorise les animaux dans les parties communes et qu’il existe à proximité un espace vert sûr et accessible à pied.
Ne sous-estimez pas la chaleur tropicale
Les guides internationaux en parlent rarement, mais la chaleur intense et la forte humidité du Vietnam peuvent être dangereuses, voire mortelles, pour certaines races.
Les chiens ne transpirent pas comme nous ; ils se rafraîchissent surtout en haletant. Les races à face plate, comme le carlin, le bouledogue français et le bouledogue anglais, ont énormément de mal à réguler leur température et sont sujettes aux coups de chaleur. Les chiens à pelage épais, en surpoids ou âgés souffrent aussi pendant les journées d’été étouffantes.
Avoir l’une de ces races implique de réserver strictement les promenades au petit matin ou à la nuit tombée, de laisser de l’eau fraîche à disposition en permanence et d’accepter une facture d’électricité en forte hausse, car la climatisation devra tourner uniquement pour assurer leur sécurité.
L’énergie compte plus que la taille
On pense facilement qu’un petit logement appelle un petit chien, mais la taille est un très mauvais indicateur du travail qu’un chien demande. Le tempérament et le niveau d’énergie comptent bien plus que le poids.
Un chien de 18 kg au tempérament doux et posé peut passer tranquillement l’après-midi à ronfler sur le tapis après une courte promenade matinale. À l’inverse, un terrier de 4,5 kg débordant d’énergie peut aboyer sans fin au moindre bruit dans le couloir.
Certaines races sont nées pour courir et travailler. Enfermées toute la journée dans un petit appartement, avec pour seule sortie un rapide tour de la cour le soir, elles finiront par exprimer leur ennui en détruisant. Choisissez un chien adapté à votre niveau d’activité réel, et non au mode de vie énergique que vous imaginez commencer le mois prochain.
Même race, caractère différent
La race donne une idée générale de la taille et des instincts, mais ne jugez jamais un chien sur sa seule apparence.
Tous les caniches ne sont pas calmes, tous les golden retrievers ne sont pas doux, et des chiots d’une même portée peuvent avoir des tempéraments très différents : l’un audacieux, l’autre timide, l’un indépendant, l’autre collant. C’est la nature propre du chien, ajoutée à la façon dont vous l’éduquez, qui détermine son comportement à l’âge adulte.
Si vous en avez l’occasion, observez le chien qui se trouve devant vous. Comment réagit-il face à des inconnus ? Se recroqueville-t-il quand on le touche ? Est-il craintif ou curieux ?
L’engouement pour le chiot, la réalité du chien adulte
Les chiots sont irrésistibles, mais aussi épuisants. Vous vous engagez pour des pleurs à minuit, des chaussures mâchouillées, des accidents à répétition sur le sol et des phases de rébellion.
Pour les familles occupées ou les premiers propriétaires, un chien adulte convient souvent bien mieux. Son caractère est déjà formé. Si vous adoptez un chien adulte auprès d’une famille d’accueil ou d’un refuge, les personnes qui s’en occupent peuvent vous dire s’il est déjà propre, s’il reste calme quand il est seul ou s’il est à l’aise avec les enfants.
« Gentil avec les enfants » : cela marche dans les deux sens
Les classements des « 10 meilleurs chiens pour enfants » sont partout sur Internet, mais un nom de race ne garantit pas la sécurité. Ce qui compte, c’est de savoir si tel chien supporte les bruits forts et les gestes maladroits des jeunes enfants, ou comment il réagit quand on le surprend pendant son repas.
Tout aussi important : il faut apprendre aux enfants comment se comporter avec le chien. On ne tire pas les oreilles, on ne pince pas la queue, on ne dérange pas un animal qui dort ou qui mange. Aussi doux qu’un chien paraisse, la surveillance d’un adulte est indispensable.
Pensez au chien adulte, pas seulement au chiot que vous tenez dans vos bras
Un chiot de deux mois tient facilement dans vos bras. Mais imaginez ce même chien un an plus tard, avec ses 23 kg.
S’il se jette soudain à la poursuite d’un chat errant dans la rue, quelqu’un dans la famille a-t-il la force de retenir la laisse ? Et dans quelques années, quand votre chien sera vieux ou malade, pourrez-vous le porter dans l’escalier ou jusqu’à la voiture pour aller chez le vétérinaire ? Quand un animal vit 10 à 15 ans, il n’est jamais excessif d’anticiper.
Vous avez déjà des animaux ? Renseignez-vous sur le passé du chien
Un chien qui joue joyeusement avec ses congénères au parc n’acceptera pas forcément de partager son lit, sa gamelle ou votre attention avec un autre animal de la maison. De même, une race réputée « bonne avec les chats » peut très bien poursuivre sans relâche votre chat.
Si vous adoptez un chien plus âgé, posez des questions précises sur son histoire. A-t-il vraiment vécu avec des chats ou d’autres chiens ? Défend-il sa nourriture ou ses jouets ? Son vécu est bien plus fiable que les stéréotypes généraux sur sa race.
Le prix d’achat n’est qu’un acompte
Ce que vous payez pour ramener un chien à la maison ne représente qu’une infime partie du coût total. Mois après mois, il y aura la nourriture, les tapis de propreté, les jouets, la prévention contre les puces, les vaccins de routine et le toilettage. Les grands chiens mangent plus et, comme les doses dépendent du poids, ils ont besoin de doses de médicaments plus élevées.
Viennent ensuite les urgences médicales. Une seule maladie, une seule blessure ou une seule opération imprévue peut facilement coûter des dizaines de millions de VND (soit de plusieurs centaines à quelques milliers de dollars américains). Demandez-vous si votre budget mensuel peut absorber ces imprévus pendant les dix prochaines années.
Ne faites jamais l’impasse sur le vaccin antirabique
La rage reste une véritable menace de santé publique en Asie du Sud-Est, et les chiens en sont la principale source. La toute première chose à faire après avoir ramené un chien à la maison est de vérifier son carnet de santé et de le faire vacciner complètement contre la rage. Il ne s’agit pas seulement de protéger votre chien : c’est une responsabilité non négociable envers votre famille et vos voisins.
Dans les lieux publics, gardez toujours votre chien en laisse, et muselé lorsque c’est exigé. Dire « Ne vous inquiétez pas, il est gentil » n’est jamais une excuse pour ignorer les règles de sécurité de base.
Attendez le lendemain
Si vous rencontrez un chiot qui vous fait craquer, rendez-vous service : repartez, rentrez chez vous et attendez le lendemain.
Le matin venu, refaites vos calculs à tête reposée. Pensez à votre routine quotidienne, à vos finances, à votre logement et à vos projets pour le Tết.
Si votre réponse aux questions difficiles reste « On verra bien », mieux vaut attendre. L’attrait d’une jolie frimousse se fond dans la routine en quelques semaines. Ce qui reste, et qui vous portera pendant les quinze années à venir, c’est la force tranquille de votre engagement et la promesse quotidienne que vous tenez envers l’animal qui dépend de vous.
Sources
- World Health Organization, “Rabies”, fact sheet (updated 17 September 2026)
- Hall, Carter and O’Neill, “Incidence and risk factors for heat-related illness (heatstroke) in UK dogs under primary veterinary care in 2016”, Scientific Reports (2020)
- Ministry of Agriculture and Rural Development, Circular 07/2016/TT-BNNPTNT, Annex 15: rabies vaccination compulsory for dogs and cats (31 May 2016)
ASVELIS a vérifié ces sources le
